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🌏 Introduction générale : tension sur les taux longs sous pression monétaire et géopolitique

L’été a été marqué par une hausse généralisée des taux longs, surtout aux États-Unis, portée par des anticipations d’inflation élevées et la perspective d’une politique monétaire plus restrictive. Le ton, nettement plus hawkish que prévu, adopté par le président de la Réservé Fédérale (Fed) lors de son discours à Jackson Hole — insistant sur une inflation forte, persistante et de plus en plus diffuse, tandis que l’objectif de plein emploi serait atteint — a conduit les investisseurs à relever la probabilité d’une hausse des taux en septembre. Des frappes américaines en Iran ont également pesé sur les anticipations de taux.

En zone euro, la tension sur les taux longs a été encore plus marquée qu’outre-Atlantique. Sans résulter d’une hausse des taux réels, elle traduit la confirmation d’un resserrement monétaire imminent, dans un contexte macroéconomique résilient.

En France, cette dégradation — plus prononcée encore — paraît cohérente au regard de l’absence de redressement budgétaire et des incertitudes liées au début de la campagne présidentielle.

Les marchés actions ont toutefois bien résisté, portés par une bonne saison de résultats et des indicateurs macroéconomiques satisfaisants. Les actions mondiales ont ainsi progressé de 2 % en août (libellées en euros), portées notamment par les actions américaines, en hausse de 2,5 % sur le mois.

🇺🇸 États-Unis : résilience de l’économie sur fond de tensions commerciales

Les indicateurs d’activité américains sont restés solides en août, avec un PMI composite à 56 (contre 54 attendu). Les chiffres définitifs des indices ISM ont également confirmé la résilience de l’économie américaine, tout en mettant en évidence des tensions sur les prix, avec des composantes « prix » globalement orientées à la hausse. L’inflation demeure stable — sans effet de contagion lié aux tensions énergétiques — mais reste à un niveau relativement élevé : l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE) progresse de 3,7 % en rythme annuel, comme en juin. Dans ce contexte, les ménages américains demeurent prudents : leurs dépenses de consommation réelle stagnent, malgré une hausse de 0,5 % de leur revenu disponible.

Sur le plan géopolitique, les annonces de Scott Bessent concernant les sanctions économiques contre l’Iran se sont révélées plus modérées que prévu, notamment celles visant les partenaires commerciaux de l’Iran, dont la Chine et l’Inde. Cette approche graduée réduit le risque d’escalade immédiate au cours des prochaines semaines. En parallèle, les rumeurs de négociations via des intermédiaires pakistanais et qataris, ainsi que les avancées des discussions entre Oman et l’Iran sur le détroit d’Ormuz, ont contribué à contenir les pressions sur les prix du pétrole, même si l’Iran maintient son projet de taxer le transit dans le détroit, en opposition directe avec la dernière proposition de Donald Trump.

Sur le plan commercial, le président américain a relancé les hostilités en ciblant d’abord le Canada, frappé de droits de douane de 50 % sur 20 Mds$ d’importations dès le 8 septembre. Ottawa a riposté à l’identique en surtaxant de 50 % l’automobile et l’aluminium américains, poussant Washington à étendre la même hausse à d’autres produits canadiens. Par ailleurs, la Maison-Blanche envisage d’imposer 7,5 % de taxes supplémentaires sur les produits chinois ; celles-ci s’ajouteraient au taux effectif actuel, estimé à 26 %, alors qu’une rencontre avec Xi Jinping reste prévue en septembre.

🇪🇺 Zone euro : reprise graduelle de l’activité et dynamique bénéficiaire des entreprises solide

Les enquêtes PMI confirment la poursuite graduelle de la reprise en zone euro. Les indices manufacturiers et des services restent en effet en territoire d’expansion, avec une surprise positive du côté de l’industrie, tandis que les services ressortent conformes aux attentes. Le PMI composite s’établit ainsi à 52,1 en août (contre 51,7 attendu et 52 en juillet). La situation française demeure plus contrastée : l’activité manufacturière s’améliore, mais le secteur des services recule, signe d’une reprise encore hétérogène selon les pays et les secteurs ; l’indicateur PMI composite recule ainsi à 48,8 (contre 49,5 attendu) sous l’effet du repli des services.

Par ailleurs, l’inflation a progressé en août pour atteindre 3,3 %, comme attendu. Cette hausse s’explique principalement par les prix de l’énergie. L’inflation cœur, en revanche, recule légèrement à 2,4 % (vs 2,5 % le mois précédent et 2,5 % attendu). Les craintes d’un effet de second tour lié à l’accélération des prix du pétrole et du gaz restent d’actualité, et la hausse de taux de la Banque Centrale Européenne (BCE) lors de sa réunion de la semaine prochaine est pleinement anticipée par les investisseurs.

Du côté du résultat des entreprises, le bilan apparaît particulièrement solide : les bénéfices agrégés ont progressé de 23 % sur un an, après +7 % au premier trimestre, traduisant une nette accélération de la dynamique bénéficiaire. Si cette performance est en partie portée par le secteur de l’énergie, la croissance ressort tout de même à +12 % en excluant ce secteur.

🇨🇳 Chine : contraction économique et ajustements réglementaires

En Chine, les indicateurs PMI sont, en revanche, repassés sous le seuil de 50 (zone de contraction) pour le deuxième mois consécutif. Le PMI non manufacturier ressort en deçà des attentes, reflétant la faiblesse de la demande intérieure. Les PMI publiés par RatingDog, certes mieux orientés, confirment toutefois la même dynamique : une économie tirée par les exportations — notamment technologiques —, tandis que la demande domestique demeure atone.

En parallèle, le gouvernement a mis fin à une exonération fiscale de longue date sur certains dividendes versés par des sociétés à capitaux étrangers, dans le cadre d’une réforme fiscale plus large. Le ministère du Logement et du Développement urbain (MOHURD) a également annoncé des mesures visant à encadrer les ventes immobilières, en favorisant la commercialisation des nouveaux projets dès leur achèvement et en prolongeant la durée maximale des prêts hypothécaires de 30 à 40 ans.

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