🌏 Conjoncture mondiale – Un monde plus fragmenté sous l’effet d’un interventionnisme américain accru
Le début d’année a été marqué par une nette intensification des tensions géopolitiques et par une fragmentation croissante de l’ordre international. Aux États-Unis, l’administration de Donald Trump adopte une posture plus interventionniste et unilatérale, ravivant les risques de conflits commerciaux et militaires sur plusieurs fronts. En Amérique latine, l’intervention directe au Venezuela et l’arrestation de Nicolas Maduro illustrent un retour assumé à la doctrine Monroe, avec pour objectif de renforcer l’influence américaine sur les réserves pétrolières de la région, au détriment de la Chine et de la Russie.
Au Moyen-Orient, les tensions avec l’Iran se sont fortement accrues, comme en témoignent les menaces réciproques et les manœuvres navales iraniennes dans le détroit d’Ormuz. Ce risque géopolitique, combiné à une vague de froid exceptionnelle aux États-Unis et à des perturbations sur un grand champ pétrolier au Kazakhstan, a contribué à une hausse marquée du prix du pétrole, qui s’est apprécié de près de 13% sur le mois. Parallèlement, les rivalités entre l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Yémen continuent d’alimenter une instabilité durable dans la région.
Sur le plan commercial, la logique de confrontation s’installe durablement. Les États-Unis recourent de plus en plus aux droits de douane comme levier de pression diplomatique.
Ces incertitudes géopolitiques ont de nouveau pesé sur le dollar et favorisé une progression de l’or de plus de 12%, malgré une correction en fin de mois liée à des prises de bénéfices des investisseurs. Dans le même temps, les marchés actions mondiaux ont poursuivi leur hausse, soutenus par des indicateurs économiques montrant une résilience globale de l’activité.
🇺🇸 États-Unis – Une économie résiliente mais une politique plus conflictuelle qui complique le cadre monétaire et commercial
Sur le plan politique intérieur, l’administration Trump fait face à une situation tendue, avec le début d’un nouveau shutdown budgétaire. Après la mort d’une deuxième personne abattue par l’ICE à Minneapolis, les sénateurs démocrates refusent de voter le budget du Département de la Sécurité intérieure, ce qui fragilise le financement des services d’immigration. Parallèlement, la popularité de Donald Trump s’érode à l’approche des élections de mi-mandat, ce qui l’incite à adopter une ligne plus interventionniste et populiste.
En matière commerciale, Washington multiplie les menaces tarifaires. Après un compromis trouvé avec l’Union européenne sur le dossier du Groenland, les États-Unis menacent désormais le Canada d’une hausse de 100 % des droits de douane en raison de son rapprochement avec la Chine. La Corée du Sud est également sous pression, avec un risque de relèvement des droits de douane de 15 % à 25 % pour non-respect présumé d’un accord conclu l’an dernier.
Sur le plan monétaire, la Réserve fédérale (Fed) a maintenu ses taux directeurs inchangés, comme anticipé, malgré deux votes en faveur d’une nouvelle baisse. L’inflation PCE de novembre est ressortie conforme aux attentes et la croissance du PIB du troisième trimestre a été révisée à la hausse à 4,4 %, confirmant la résilience de l’économie américaine. Jerome Powell a souligné que la croissance restait solide et que les tensions entre les objectifs d’inflation et d’emploi s’étaient atténuées, justifiant des taux proches d’un niveau « neutre ».
Du côté de l’économie réelle, les données restent globalement solides mais montrent quelques signes de ralentissement. L’ISM des services a accéléré en décembre à 54,4, la consommation progresse de 2,6 % et la croissance du troisième trimestre atteint 4,3%. L’indice de confiance du Conference Board s’est également redressé à 89,1. En revanche, la confiance des ménages est tombée à son plus bas niveau depuis 2014 et le nombre de postes non pourvus (JOLTS) est en baisse, suggérant un marché du travail qui commence à se détendre.
Dans le secteur financier, la proposition de Donald Trump de plafonner les taux des cartes de crédit à 10 % a suscité de vives critiques de la part de grandes banques comme JPMorgan et Bank of America, qui estiment qu’une telle mesure réduirait l’octroi de crédit et pèserait sur la consommation.
🇪🇺 Zone euro – Une reprise qui s’affermit malgré les tensions géopolitiques et budgétaires
Sur le plan géopolitique, l’Europe a connu un épisode de forte tension avec Washington autour du Groenland. Après le refus du Danemark de céder l’île aux États-Unis, Donald Trump a menacé l’Union européenne de nouveaux droits de douane, ciblant huit pays participant à des exercices militaires conjoints au Groenland. Ces pays risquaient une surtaxe de 10 % dès le 1er février, pouvant atteindre 25 % en juin, tandis que la France était menacée de droits de douane de 200 % sur ses vins et champagnes après le refus d’Emmanuel Macron de rejoindre le « Conseil de paix » proposé par Trump.
Face à ces menaces, Bruxelles a envisagé plusieurs mesures de rétorsion, dont la suspension d’un accord commercial récent, la taxation de 93 milliards d’euros d’importations américaines et l’activation de l’outil anti-coercition. Toutefois, la situation s’est apaisée après le discours de Trump à Davos, au cours duquel il a affirmé qu’un recours à la force militaire ne serait pas nécessaire et a évoqué des discussions positives avec l’OTAN. Les hausses de droits de douane prévues pour le 1er février ont finalement été annulées, et une réunion tripartite entre Américains, Ukrainiens et Russes est prévue pour discuter de la paix en Ukraine.
Sur le plan économique, la zone euro montre des signes de reprise plus clairs. Les indices PMI sont désormais en territoire d’expansion et la dynamique du crédit s’améliore, avec une croissance des prêts au secteur privé atteignant 3,4 % en glissement annuel en novembre, contre 3,0 % en octobre. L’inflation reste maîtrisée, à 2,0 % en décembre pour l’indice global, tandis que l’inflation sous-jacente ralentit à 2,3 %, augmentant la probabilité d’une stabilité des taux par la BCE en 2026.
En France, malgré l’instabilité politique et les incertitudes budgétaires, l’économie fait preuve de résilience avec une croissance de 0,9 % en 2025. Le rejet des motions de censure a redonné un peu de visibilité politique et ravivé l’intérêt des investisseurs pour la dette française. Le gouvernement a finalement adopté le budget 2026 via l’article 49.3, entérinant un déficit public autour de 5 % du PIB, un niveau moins ambitieux que prévu initialement. Des mesures complémentaires pourraient toutefois être prises par décret pour contenir le déficit.
🇨🇳Chine – Une stabilisation encore fragile dans un contexte de rivalités géopolitiques croissantes
L’économie chinoise montre des signes de stabilisation, bien que des fragilités persistent. Les bénéfices industriels ont enregistré leur première hausse annuelle depuis 2021, progressant de 5,3 % en décembre après une chute de 13 % en novembre. L’inflation a légèrement rebondi, passant de 0,7 % à 0,8 %, portée principalement par les prix alimentaires, mais les prix à la production restent en territoire négatif, à -1,9 %, traduisant des pressions déflationnistes persistantes.
Dans le secteur immobilier, certains promoteurs auraient cessé de publier leurs indicateurs d’endettement dits des « trois lignes rouges », ce qui nourrit des interrogations sur la transparence financière du secteur. En parallèle, le gouvernement chinois prévoit d’injecter 29 milliards de dollars dans ses plus grandes compagnies d’assurance via une émission spéciale d’obligations d’État, afin de renforcer la stabilité du système financier.
Sur le plan international, Pékin cherche à se positionner comme un partenaire stable dans un monde de plus en plus fragmenté, en renforçant ses liens diplomatiques et commerciaux avec le Canada et l’Europe. Cette stratégie s’inscrit toutefois dans un contexte de rivalité stratégique croissante avec les États-Unis, notamment autour de Taïwan et des chaînes d’approvisionnement. La Chine adopte en effet une posture plus affirmée vis-à-vis de Taïwan, avec des exercices militaires d’une ampleur inédite, tandis que Pékin menace le Japon d’un possible embargo sur certains biens à double usage civil et militaire en réponse aux déclarations japonaises sur la protection de Taïwan. Ces développements renforcent le climat d’incertitude stratégique dans la région.
🌏 Conjoncture mondiale – Un monde plus fragmenté sous l’effet d’un interventionnisme américain accru
Le début d’année a été marqué par une nette intensification des tensions géopolitiques et par une fragmentation croissante de l’ordre international. Aux États-Unis, l’administration de Donald Trump adopte une posture plus interventionniste et unilatérale, ravivant les risques de conflits commerciaux et militaires sur plusieurs fronts. En Amérique latine, l’intervention directe au Venezuela et l’arrestation de Nicolas Maduro illustrent un retour assumé à la doctrine Monroe, avec pour objectif de renforcer l’influence américaine sur les réserves pétrolières de la région, au détriment de la Chine et de la Russie.
Au Moyen-Orient, les tensions avec l’Iran se sont fortement accrues, comme en témoignent les menaces réciproques et les manœuvres navales iraniennes dans le détroit d’Ormuz. Ce risque géopolitique, combiné à une vague de froid exceptionnelle aux États-Unis et à des perturbations sur un grand champ pétrolier au Kazakhstan, a contribué à une hausse marquée du prix du pétrole, qui s’est apprécié de près de 13% sur le mois. Parallèlement, les rivalités entre l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Yémen continuent d’alimenter une instabilité durable dans la région.
Sur le plan commercial, la logique de confrontation s’installe durablement. Les États-Unis recourent de plus en plus aux droits de douane comme levier de pression diplomatique.
Ces incertitudes géopolitiques ont de nouveau pesé sur le dollar et favorisé une progression de l’or de plus de 12%, malgré une correction en fin de mois liée à des prises de bénéfices des investisseurs. Dans le même temps, les marchés actions mondiaux ont poursuivi leur hausse, soutenus par des indicateurs économiques montrant une résilience globale de l’activité.
🇺🇸 États-Unis – Une économie résiliente mais une politique plus conflictuelle qui complique le cadre monétaire et commercial
Sur le plan politique intérieur, l’administration Trump fait face à une situation tendue, avec le début d’un nouveau shutdown budgétaire. Après la mort d’une deuxième personne abattue par l’ICE à Minneapolis, les sénateurs démocrates refusent de voter le budget du Département de la Sécurité intérieure, ce qui fragilise le financement des services d’immigration. Parallèlement, la popularité de Donald Trump s’érode à l’approche des élections de mi-mandat, ce qui l’incite à adopter une ligne plus interventionniste et populiste.
En matière commerciale, Washington multiplie les menaces tarifaires. Après un compromis trouvé avec l’Union européenne sur le dossier du Groenland, les États-Unis menacent désormais le Canada d’une hausse de 100 % des droits de douane en raison de son rapprochement avec la Chine. La Corée du Sud est également sous pression, avec un risque de relèvement des droits de douane de 15 % à 25 % pour non-respect présumé d’un accord conclu l’an dernier.
Sur le plan monétaire, la Réserve fédérale (Fed) a maintenu ses taux directeurs inchangés, comme anticipé, malgré deux votes en faveur d’une nouvelle baisse. L’inflation PCE de novembre est ressortie conforme aux attentes et la croissance du PIB du troisième trimestre a été révisée à la hausse à 4,4 %, confirmant la résilience de l’économie américaine. Jerome Powell a souligné que la croissance restait solide et que les tensions entre les objectifs d’inflation et d’emploi s’étaient atténuées, justifiant des taux proches d’un niveau « neutre ».
Du côté de l’économie réelle, les données restent globalement solides mais montrent quelques signes de ralentissement. L’ISM des services a accéléré en décembre à 54,4, la consommation progresse de 2,6 % et la croissance du troisième trimestre atteint 4,3%. L’indice de confiance du Conference Board s’est également redressé à 89,1. En revanche, la confiance des ménages est tombée à son plus bas niveau depuis 2014 et le nombre de postes non pourvus (JOLTS) est en baisse, suggérant un marché du travail qui commence à se détendre.
Dans le secteur financier, la proposition de Donald Trump de plafonner les taux des cartes de crédit à 10 % a suscité de vives critiques de la part de grandes banques comme JPMorgan et Bank of America, qui estiment qu’une telle mesure réduirait l’octroi de crédit et pèserait sur la consommation.
🇪🇺 Zone euro – Une reprise qui s’affermit malgré les tensions géopolitiques et budgétaires
Sur le plan géopolitique, l’Europe a connu un épisode de forte tension avec Washington autour du Groenland. Après le refus du Danemark de céder l’île aux États-Unis, Donald Trump a menacé l’Union européenne de nouveaux droits de douane, ciblant huit pays participant à des exercices militaires conjoints au Groenland. Ces pays risquaient une surtaxe de 10 % dès le 1er février, pouvant atteindre 25 % en juin, tandis que la France était menacée de droits de douane de 200 % sur ses vins et champagnes après le refus d’Emmanuel Macron de rejoindre le « Conseil de paix » proposé par Trump.
Face à ces menaces, Bruxelles a envisagé plusieurs mesures de rétorsion, dont la suspension d’un accord commercial récent, la taxation de 93 milliards d’euros d’importations américaines et l’activation de l’outil anti-coercition. Toutefois, la situation s’est apaisée après le discours de Trump à Davos, au cours duquel il a affirmé qu’un recours à la force militaire ne serait pas nécessaire et a évoqué des discussions positives avec l’OTAN. Les hausses de droits de douane prévues pour le 1er février ont finalement été annulées, et une réunion tripartite entre Américains, Ukrainiens et Russes est prévue pour discuter de la paix en Ukraine.
Sur le plan économique, la zone euro montre des signes de reprise plus clairs. Les indices PMI sont désormais en territoire d’expansion et la dynamique du crédit s’améliore, avec une croissance des prêts au secteur privé atteignant 3,4 % en glissement annuel en novembre, contre 3,0 % en octobre. L’inflation reste maîtrisée, à 2,0 % en décembre pour l’indice global, tandis que l’inflation sous-jacente ralentit à 2,3 %, augmentant la probabilité d’une stabilité des taux par la BCE en 2026.
En France, malgré l’instabilité politique et les incertitudes budgétaires, l’économie fait preuve de résilience avec une croissance de 0,9 % en 2025. Le rejet des motions de censure a redonné un peu de visibilité politique et ravivé l’intérêt des investisseurs pour la dette française. Le gouvernement a finalement adopté le budget 2026 via l’article 49.3, entérinant un déficit public autour de 5 % du PIB, un niveau moins ambitieux que prévu initialement. Des mesures complémentaires pourraient toutefois être prises par décret pour contenir le déficit.
🇨🇳Chine – Une stabilisation encore fragile dans un contexte de rivalités géopolitiques croissantes
L’économie chinoise montre des signes de stabilisation, bien que des fragilités persistent. Les bénéfices industriels ont enregistré leur première hausse annuelle depuis 2021, progressant de 5,3 % en décembre après une chute de 13 % en novembre. L’inflation a légèrement rebondi, passant de 0,7 % à 0,8 %, portée principalement par les prix alimentaires, mais les prix à la production restent en territoire négatif, à -1,9 %, traduisant des pressions déflationnistes persistantes.
Dans le secteur immobilier, certains promoteurs auraient cessé de publier leurs indicateurs d’endettement dits des « trois lignes rouges », ce qui nourrit des interrogations sur la transparence financière du secteur. En parallèle, le gouvernement chinois prévoit d’injecter 29 milliards de dollars dans ses plus grandes compagnies d’assurance via une émission spéciale d’obligations d’État, afin de renforcer la stabilité du système financier.
Sur le plan international, Pékin cherche à se positionner comme un partenaire stable dans un monde de plus en plus fragmenté, en renforçant ses liens diplomatiques et commerciaux avec le Canada et l’Europe. Cette stratégie s’inscrit toutefois dans un contexte de rivalité stratégique croissante avec les États-Unis, notamment autour de Taïwan et des chaînes d’approvisionnement. La Chine adopte en effet une posture plus affirmée vis-à-vis de Taïwan, avec des exercices militaires d’une ampleur inédite, tandis que Pékin menace le Japon d’un possible embargo sur certains biens à double usage civil et militaire en réponse aux déclarations japonaises sur la protection de Taïwan. Ces développements renforcent le climat d’incertitude stratégique dans la région.
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