🌏 Conjoncture mondiale – Entre dynamique économique et instabilité mondiale

Les actions mondiales ont légèrement progressé sur le mois, portées par des résultats d’entreprise encourageants et des indicateurs économiques témoignant d’une résilience globale de l’activité. L’environnement international reste néanmoins dominé par une combinaison de tensions géopolitiques majeures, d’incertitudes commerciales et de questionnements croissants autour de la soutenabilité de la dynamique liée à l’intelligence artificielle.

L’escalade militaire décidée par Donald Trump contre l’Iran marque un tournant stratégique, avec l’élimination du guide suprême Ali Khamenei et de nombreux responsables politiques et militaires, confirmant un objectif assumé de changement de régime. La régionalisation du conflit, l’implication potentielle d’acteurs européens et du Hezbollah, ainsi que les tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz — par lequel transite près de 20% du pétrole mondial — maintiennent une prime de risque géopolitique élevée.

🇺🇸 États-Unis – La résilience mise à l’épreuve

Aux États-Unis, la situation est marquée par une combinaison de tensions géopolitiques, d’incertitudes commerciales et d’une économie en phase de normalisation, mais demeurant résiliente. Les discussions nucléaires avec l’Iran se sont poursuivies sans avancée significative malgré plusieurs rencontres diplomatiques, l’administration américaine maintenant une posture ferme. Elles ont finalement débouché sur une intervention militaire conjointe menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.

Sur le plan commercial, la décision de la Cour suprême de suspendre certains droits de douane a été immédiatement suivie par une riposte de Donald Trump instaurant une taxe temporaire de 10 % au titre de la Section 122 du Trade Act de 1974, puis annonçant des hausses ciblées à 15 %, ravivant les incertitudes pour les entreprises malgré le maintien des accords existants avec plusieurs partenaires.

Sur le plan macroéconomique, les indicateurs décrivent une économie robuste avec une production industrielle dynamique, un marché du travail solide marqué par des créations d’emplois supérieures aux attentes et un taux de chômage en légère baisse, tandis que les commandes de biens durables reculent modérément mais que leurs composantes hors transport restent bien orientées. L’inflation poursuit une trajectoire de décélération graduelle, ce qui conduit la Réserve fédérale (Fed) à adopter une posture prudente, les minutes du FOMC révélant des divergences internes mais convergeant vers une stratégie de patience avant toute nouvelle baisse de taux.

Les marchés actions américains ont toutefois corrigé 1,6% sur le mois, dans un contexte de rotation sectorielle brutale touchant principalement les valeurs technologiques et les segments les plus exposés à l’intelligence artificielle, alors que les secteurs défensifs et l’énergie résistent mieux. Le dollar s’est, en revanche, raffermi de 1,4% et les bons du Trésor retrouvent un rôle de diversification dans les portefeuilles, la corrélation entre actions et obligations redevenant négative.

🇪🇺 Zone euro – Résilience économique et réveil stratégique dans un contexte mondial incertain

Face aux tensions au Moyen-Orient, l’Europe adopte une posture géopolitique prudente mais déterminée. La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont engagé des dispositifs défensifs pour protéger leurs intérêts régionaux, tandis que les négociations diplomatiques — notamment sur le dossier ukrainien — demeurent fragiles et sans issue claire à ce stade.

Sur le plan économique, la zone euro affiche une croissance modérée mais solide, estimée à environ 1,5 % pour 2025. L’Espagne et la Pologne tirent la dynamique d’ensemble, tandis que l’Allemagne amorce un rebond timide, davantage soutenu par la demande intérieure que par les exportations. La France, de son côté, confirme une trajectoire de croissance résiliente. L’inflation, ressortie à 1,7% — en deçà de la cible de la BCE —, offre à Christine Lagarde une marge de manœuvre suffisante pour maintenir les taux directeurs à leur niveau actuel, tout en restant attentive aux effets désinflationnistes de l’appréciation de l’euro et au durcissement progressif des conditions de crédit.

Les marchés européens ont bien profité de cet environnement favorable, progressant de 3,5% sur le mois. Comme aux États-Unis, une forte rotation sectorielle a néanmoins marqué la période : les valeurs technologiques et les éditeurs de logiciels ont souffert des doutes croissants autour de la rentabilité de l’intelligence artificielle, tandis que les télécommunications, certaines banques et les valeurs industrielles ont mieux résisté.

En toile de fond, le débat autour d’un « réveil européen » — articulé autour de la défense, de la souveraineté technologique et des réformes structurelles — monte en puissance. Les investissements dans les infrastructures numériques et les centres de données en témoignent, même si des tensions persistent dans l’exécution des grands projets industriels stratégiques.

🇨🇳Chine – Entre apaisement commercial et rééquilibrage vers la demande intérieure

La Chine navigue dans un environnement commercial tendu mais maîtrisé avec les États-Unis. Une rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping est prévue pour discuter d’une éventuelle prolongation de la trêve tarifaire, signal d’une volonté partagée d’éviter une nouvelle escalade. Les restrictions technologiques restent toutefois un point de friction structurel : les contrôles à l’exportation sont régulièrement renforcés et les listes d’entreprises surveillées font l’objet d’ajustements fréquents, même si des licences limitées ont été accordées pour certaines exportations de puces avancées, témoignant d’une gestion pragmatique des tensions.

Sur le plan macroéconomique, l’inflation globale a nettement ralenti et l’inflation sous-jacente demeure contenue. Les prix à la production affichent des signes d’amélioration progressive, tandis que la banque centrale maintient ses taux directeurs inchangés, tout en permettant une appréciation graduelle du yuan — signal d’une certaine confiance dans la stabilité économique.

Xi Jinping a réaffirmé sa volonté de réorienter la croissance vers la demande intérieure, en articulant soutien à la consommation et relance de l’investissement. Cette priorité s’inscrit en partie en réponse aux recommandations du FMI, qui plaide pour une réduction progressive du soutien étatique aux industries. Les dépenses touristiques domestiques ont fortement progressé durant le Nouvel An lunaire, illustrant concrètement ce regain de confiance des ménages.

Sur le plan microéconomique, plusieurs grandes entreprises technologiques et plateformes de services ont publié des résultats supérieurs aux attentes. Le développement rapide d’applications d’intelligence artificielle et d’agents conversationnels continue de dynamiser l’écosystème numérique local, renforçant l’attractivité du secteur aux yeux des investisseurs.

Dans ce contexte d’apaisement relatif sur le front commercial et de rééquilibrage vers des moteurs de croissance domestiques, les marchés chinois et émergents ont nettement surperformé : les actions émergentes ont progressé de 5,5 % sur le mois et affichent une hausse de 13,5 % depuis le début de l’année.

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